Les hirondelles, ces grandes migratrices fidèles

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Chaque printemps, de petites silhouettes au vol rapide reviennent nicher sous les toits de nos maisons : les hirondelles.

En France, deux espèces nichent le plus souvent près des habitations : l’hirondelle rustique, qui installe souvent son nid à l’intérieur des bâtiments (granges, garages, étables), et l’hirondelle de fenêtre, qui construit le sien sous les avant-toits des façades.

Après avoir passé l’hiver en Afrique subsaharienne, elles entreprennent un long voyage pour rejoindre l’Europe. Selon les populations, cette migration peut représenter 8 000 à 12 000 kilomètres. En quelques semaines, ces oiseaux franchissent déserts, mers et montagnes pour retrouver leurs sites de reproduction. Ce périple les conduit souvent jusqu’au même bâtiment, au même avant-toit… et au même nid que l’année précédente.

Autrefois très commune dans les villages, les hirondelles connaissent aujourd’hui un recul marqué. Mieux comprendre son mode de vie permet de mesurer l’importance de préserver ses nids.

Une migration spectaculaire entre l’Afrique et l’Europe

L’hirondelle est un oiseau migrateur. Elle passe l’hiver dans les régions chaudes d’Afrique subsaharienne. Au printemps, lorsque les températures remontent en Europe, elle entame sa migration vers ses zones de reproduction. Son voyage dure généralement 5 à 7 semaines. Voyage pendant lequel elle se nourrit d’insectes capturés en plein vol : moustiques, moucherons et autres petits insectes volants.

Le trajet comporte plusieurs obstacles naturels :

  • le Sahara, soit près de 1 500 km de zones désertiques,
  • la Méditerranée, avec des centaines de kilomètres à voler au-dessus de l’eau,
  • et des épisodes météorologiques difficiles.

Toutes ne parviennent pas au terme du voyage.


💡 Le saviez-vous ?

  • Les hirondelles volent à une vitesse moyenne d’environ 30 à 40 km/h et peuvent parcourir 150 à 250 kilomètres par jour !
  • Son nid est un véritable travail d’architecture : il nécessite 1 000 à 1 500 boulettes de boue rapportées une à une.
  • Après l’éclosion, les jeunes restent environ trois semaines au nid avant leurs premiers vols.
  • Une hirondelle est une précieuse alliée contre les insectes : en période estivale, elle peut en consommer entre 3 000 et 5 000 par jour.
  • La durée de vie moyenne d’une hirondelle est d’environ 4 à 5 ans.  

Un oiseau très fidèle à son site de nidification

Lorsqu’elle arrive au printemps, l’hirondelle cherche souvent à retrouver son ancien site de nidification. Les études montrent que la fidélité au site peut atteindre 85 à 95 % lorsque les conditions sont favorables.

Le nid, installé sous un avant-toit ou une poutre, est une petite coupelle construite avec de la boue, des fibres végétales et de la salive. Sa construction est un travail minutieux : l’oiseau fait de nombreux allers-retours vers des zones humides afin de collecter les matériaux nécessaires.

Lorsque le nid est intact à son retour, la reproduction peut commencer rapidement. La femelle pond généralement 4 à 6 œufs quelques jours après son arrivée. Dans de bonnes conditions, un couple peut élever deux couvées dans la saison, soit 8 à 10 jeunes au total.

En revanche, lorsque le nid a disparu pendant l’hiver – par exemple lors de travaux de façade – l’hirondelle doit recommencer toute la construction. Ce travail peut demander une à deux semaines supplémentaires, après un voyage migratoire déjà long et exigeant. Dans ce cas, la saison de reproduction est souvent raccourcie : il arrive que le couple ne puisse élever qu’une seule couvée au lieu de deux.

La destruction d’un nid peut ainsi réduire fortement le nombre de jeunes produits au cours de l’année.

Préserver les hirondelles et leurs nids

Autrefois très présentes dans les campagnes et les villages, les hirondelles sont aujourd’hui moins nombreuses. En France, certaines espèces comme l’hirondelle rustique ont vu leurs populations diminuer d’environ 40 à 50 % en trente ans.

Plusieurs facteurs expliquent ce recul :

  • la raréfaction des insectes volants, qui constituent leur principale source de nourriture ;
  • la transformation des bâtiments agricoles et des habitations ;
  • la disparition des zones boueuses nécessaires à la construction des nids ;
  • la destruction involontaire de nids lors de travaux de façade.

Face à cette situation, les hirondelles bénéficient d’une protection légale en France. Il est notamment interdit de détruire leurs nids, même lorsqu’ils ne sont pas occupés, car ils peuvent être réutilisés d’une année sur l’autre.

Pour en savoir plus sur la réglementation et les bons gestes à adopter lors de travaux, vous pouvez consulter notre article dédié : https://www.criel-sur-mer.fr/nids-dhirondelles/

Chacun peut aussi contribuer à favoriser leur présence près de chez soi grâce à quelques gestes simples :

  • laisser les nids en place, même en dehors de la saison ;
  • installer une planchette environ 40 cm sous le nid pour récupérer les fientes ;
  • conserver un petit point d’eau ou une zone de terre humide pour la construction ;
  • poser des nichoirs artificiels sous les avant-toits si nécessaire.

Ces aménagements simples contribuent à préserver un oiseau emblématique de nos villages et à maintenir la biodiversité locale. Pour plus d’informations ou de conseils, vous pouvez vous rapprocher de l’association Eveil et Biodiversité à Criel-sur-Mer.